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sam., 06 février 2016

A propos du concert du 6/02 par l'EDIM

Vu par Théo Morel. Guitariste. Pour ouvrir ce concert, le saxophoniste Tony Malaby présentait sa musique avec une formation intrigante : Bob Stewart au tuba, Christopher Hoffman au violoncelle et John Hollenbeck à la batterie/percussions et au piano préparé.

Tony Malaby's Tubacello

Pour ouvrir ce concert, le saxophoniste Tony Malaby présentait sa musique avec une formation intrigante : Bob Stewart au tuba, Christopher Hoffman au violoncelle et John Hollenbeck à la batterie/percussions et au piano préparé. Une orchestration assez rare pour être soulignée, à mi-chemin entre l'ensemble de musique de chambre et le combo jazz, et qui emprunte (au moins) à ces deux univers.
La musique qu'ils créent ensemble est d'une finesse exceptionnelle. Sur des compositions de Malaby qui laissent une place importante à l'improvisation, c'est un monde sonore qui s'ouvre devant nous. Chacun de ces musiciens offre une palette de timbres proprement sidérante, les mots manquent pour décrire leur variété. L'interaction entre les membres du groupe est d'une grande fluidité, et l'on sent chez eux un niveau d'écoute et de réactivité impressionnant. Leur musique a beau être très ouverte, elle ne craint ni la mélodie, ni la pulsation, elle ne s'interdit rien excepté les clichés. C'est une musique qui s'exprime avec les murmures les plus ténus comme les cris les plus puissants. C'est une musique mystérieuse qui sait composer avec le silence.

Oliver Lake Organ Quartet

En deuxième partie, changement de registre, place à l'énergie brute, aux soufflants vociférants et à une section rythmique qui balaye tout sur son passage ! Le saxophoniste Oliver Lake était entouré de Jared Gold à l'orgue, de Chris Beck à la batterie et d'un jeune trompettiste extrêmement talentueux qui remplaçait Freddie Hendrix ce soir là. Un concert en forme d'hommage aux saxophonistes JackieMcLean et Eric Dolphy, dont les morceaux ont fourni la plus grande partie du répertoire.
Pour cette seconde performance, on navigue donc dans un territoire plus ou moins connu, et l'on ressent au fond un peu le même plaisir qu'il y a à reconnaître un standard. La version que l'on entend sur le moment convoque aussi les versions que l'on a pu entendre auparavant, elle réactive la mémoire musicale. Dans le style, le groupe fournit la dose d'énergie nécessaire, la nuance générale est claire : ça joue intense, très dense, avec quelques rares moments où l'on redescend, mais jamais très longtemps ! C'est certain qu'après le concert de Malaby les variations d'intensité semblent moins au rendez-vous, mais cela fait partie d'une esthétique qui tend parfois vers l'excessif, avec une générosité et une envie de se donner au maximum (particulièrement sensible chez le batteur). Et c'est assumé jusqu'à la fin du concert !